Pellicules : d’où elles viennent et comment s’en débarrasser
Par la rédaction Publié le 10 min de lecture
Les pellicules ne disent rien de votre hygiène. Elles naissent de la rencontre entre le sébum, une levure qui vit sur toutes les peaux (Malassezia) et un cuir chevelu qui réagit en se renouvelant trop vite. Un shampoing antipelliculaire choisi pour son actif, bien appliqué et utilisé assez longtemps en vient à bout dans la plupart des cas ; s’il échoue, un médecin vérifiera qu’il ne s’agit pas d’autre chose.
Ce qui se passe sous les squames
La peau du cuir chevelu se renouvelle en permanence, comme celle du reste du corps. D’ordinaire, les cellules mortes se détachent une à une, invisibles, et partent au lavage. Quand ce renouvellement s’emballe, elles se décollent en amas assez gros pour se voir : ce sont les pellicules. Fines, blanches et sèches chez certaines, plus épaisses, jaunâtres et grasses chez d’autres.
Le principal suspect porte un nom : Malassezia. Cette levure vit sur la peau de tout le monde, en particulier dans les zones riches en sébum, dont elle se nourrit. Selon le Manuel MSD, ouvrage de référence des professionnels de santé, l’intensité des symptômes est liée à l’importance de la population de Malassezia et à la réaction inflammatoire qu’elle déclenche chez la personne. Autrement dit, tout le monde héberge la levure, mais tout le monde ne réagit pas de la même façon.
Pourquoi ça empire en hiver
Le stress et le froid aggravent classiquement les pellicules ; le NHS comme le Manuel MSD le signalent. La lectrice qui voit ses épaules de manteau noir se couvrir de flocons en janvier, puis tout s’arranger en juillet, ne se fait pas d’idées. Le soleil n’est pas pour autant un remède : l’Académie américaine de dermatologie rappelle qu’un coup de soleil sur le cuir chevelu fait desquamer davantage, et que les shampoings au goudron rendent la peau plus sensible aux UV.
Pellicules, dermite séborrhéique ou autre chose ?
Les dermatologues décrivent un continuum. À une extrémité, les pellicules simples : des squames, quelques démangeaisons, pas de rougeur nette. À l’autre, la dermite séborrhéique, maladie inflammatoire fréquente qui ajoute des plaques rouges recouvertes de squames grasses. Elle survient surtout chez le nourrisson dans ses trois premiers mois (les fameuses croûtes de lait) et chez l’adulte entre 30 et 70 ans. Elle déborde volontiers du cuir chevelu : sourcils, plis entre le nez et les joues, ailes du nez, conduit de l’oreille, arrière des oreilles, milieu du torse. Malgré son nom, la composition et le débit du sébum sont habituellement normaux chez les personnes atteintes.

D’autres affections peuvent faire croire à de simples pellicules. Le tableau ci-dessous donne des repères, pas un diagnostic : seul un médecin peut trancher.
| Ce que vous voyez | Piste la plus fréquente | Que faire |
|---|---|---|
| Petites squames blanches, sèches, sans rougeur, qui tombent sur les vêtements | Pellicules simples | Shampoing antipelliculaire, quatre semaines |
| Squames jaunâtres et grasses, rougeurs à la lisière du front, autour des sourcils ou du nez | Dermite séborrhéique | Shampoing antifongique ; consulter si cela persiste ou s’étend |
| Plaques bien délimitées, épaisses, argentées, qui dépassent sur le front ou la nuque | Psoriasis du cuir chevelu | Consulter, le traitement est différent |
| Démangeaisons et rougeurs apparues après un nouveau produit ou une coloration | Eczéma de contact | Arrêter le produit, avis médical si cela ne passe pas |
| Zones où les cheveux se cassent, plaques rondes qui pèlent, surtout chez l’enfant | Teigne (mycose du cuir chevelu) | Consulter : un traitement prescrit est nécessaire |
| Croûtes épaisses sur le crâne d’un bébé de quelques semaines | Croûtes de lait (dermite séborrhéique du nourrisson) | En parler au pédiatre ou au médecin traitant |
Ces affections ne provoquent pas de chute de cheveux au sens d’une calvitie : le Manuel MSD précise que la dermite séborrhéique n’entraîne pas d’alopécie. Si vous perdez des cheveux en même temps, il s’agit sans doute d’un phénomène distinct, qui mérite son propre examen.
Les actifs antipelliculaires, un par un
Devant le rayon, l’emballage compte peu. Ce qui fait la différence, c’est la molécule inscrite dans la liste des ingrédients ou sur la notice. Chacune agit par un mécanisme différent : contre la levure, contre l’accumulation de squames, ou les deux.
- Kétoconazole. Un antifongique, qui s’attaque directement à Malassezia. Le Manuel MSD le décrit comme très efficace sur les pellicules, en shampoing à 1 % ou 2 %. En France, il est vendu en pharmacie sous forme de médicament : demandez conseil au pharmacien sur le rythme d’utilisation.
- Sulfure de sélénium. Il freine le renouvellement excessif des cellules et agit aussi sur la levure. Son odeur est particulière, et les notices mettent en garde contre une possible altération de la couleur des cheveux blonds, gris ou traités : rincez soigneusement et suivez le mode d’emploi.
- Acide salicylique et soufre. Des kératolytiques : ils décollent les squames épaisses. Utiles quand les plaques collent au cuir chevelu, parfois associés à un antifongique.
- Goudron. Employé de longue date contre les desquamations importantes, il sent fort et, on l’a vu, rend le cuir chevelu plus sensible aux UV : chapeau en été.
Bon à savoir
Longtemps vedette des shampoings antipelliculaires, la pyrithione de zinc est interdite dans les produits cosmétiques vendus dans l’Union européenne depuis le 1er mars 2022. Le règlement (UE) 2021/1902 l’a inscrite sur la liste des substances interdites après son classement comme toxique pour la reproduction. Les formules ont été modifiées ; si vous rapportez un flacon d’un voyage hors d’Europe, lisez la liste des ingrédients.
Si un actif ne donne rien au bout de quelques semaines, l’Académie américaine de dermatologie conseille d’en essayer un autre, voire d’alterner deux shampoings aux molécules différentes. Il faut parfois deux ou trois tentatives avant de trouver celui qui convient à votre cuir chevelu.
Bien utiliser un shampoing antipelliculaire
La plupart des échecs viennent moins du produit que de la façon de l’employer. Un shampoing antipelliculaire étalé en dix secondes sur les longueurs et rincé aussitôt n’a guère le temps d’agir.

Le mode d’emploi qui fonctionne
Mouillez bien les cheveux, puis appliquez le produit directement sur le cuir chevelu, raie par raie si vos cheveux sont épais. Massez doucement du bout des doigts, sans gratter. Laissez ensuite poser : selon l’Académie américaine de dermatologie, certains shampoings doivent rester jusqu’à cinq à dix minutes sur le cuir chevelu avant le rinçage. Suivez la notice, les temps varient d’un produit à l’autre. Profitez-en pour vous savonner, vous raser les jambes ou préparer votre après-shampoing. Rincez abondamment, puis appliquez un soin hydratant sur les longueurs seulement : les actifs antipelliculaires dessèchent volontiers la fibre.
À quel rythme
Les recommandations convergent. Pour le kétoconazole, le Manuel MSD indique au moins deux shampoings par semaine pendant la phase d’attaque, puis un entretien à une ou deux fois par semaine sur le long terme. Pour le sulfure de sélénium, l’acide salicylique ou le soufre, un usage quotidien ou un jour sur deux jusqu’à disparition des pellicules, puis deux fois par semaine. Entre deux, vous pouvez utiliser votre shampoing habituel.
Le NHS conseille de laisser quatre semaines à un shampoing antipelliculaire avant de conclure qu’il ne marche pas. Les pellicules reviennent souvent à l’arrêt complet : c’est la nature de la dermite séborrhéique, qui évolue par poussées. L’entretien hebdomadaire est donc moins une contrainte qu’une assurance.
En pratique, pour les cheveux bouclés et crépus
L’Académie américaine de dermatologie conseille, pour les cheveux épais, bouclés ou crépus, un shampoing antipelliculaire environ une fois par semaine, appliqué uniquement sur le cuir chevelu, puis la routine habituelle sur les longueurs. Les cheveux fins, raides ou gras supportent mieux deux applications hebdomadaires, avec des lavages plus fréquents entre les deux.
Les idées reçues qui font perdre du temps
« Je me lave trop les cheveux, c’est pour ça. » C’est souvent l’inverse. Le NHS souligne que les pellicules ne viennent pas d’une mauvaise hygiène, mais qu’elles se voient davantage quand on espace les lavages, puisque les squames s’accumulent. Si vous avez tendance à graisser vite, nos conseils pour espacer les shampoings sans subir des racines grasses permettent de trouver un rythme confortable.
« Il faut gratter pour décoller les squames. » Gratter irrite, crée de petites lésions et entretient les démangeaisons. Les kératolytiques font ce travail plus proprement.

« Un bain d’huile va nourrir mon cuir chevelu et régler le problème. » Une peau qui pèle n’est pas forcément une peau sèche. Malassezia se nourrit justement des lipides du cuir chevelu, et des huiles riches laissées au contact du crâne n’aident pas en cas de pellicules grasses. Réservez les soins nourrissants aux longueurs ; nous avons fait le point sur ce qu’apportent vraiment masque, après-shampoing et bain d’huile. Si vos longueurs sont rêches pendant le traitement, les gestes de la routine pour cheveux secs compensent l’effet desséchant des actifs.
« C’est contagieux. » Non pour les pellicules et la dermite séborrhéique, qui ne s’attrapent pas. La teigne, elle, peut se transmettre, notamment entre enfants : d’où l’intérêt d’un avis médical en cas de doute.
Quand consulter un médecin ou un dermatologue
La plupart des pellicules se gèrent sans consultation. Le NHS conseille cependant de voir un médecin dans les situations suivantes :
- aucune amélioration après au moins quatre semaines de shampoing antipelliculaire ;
- des pellicules abondantes ou un cuir chevelu qui démange beaucoup ;
- un cuir chevelu rouge ou gonflé ;
- des plaques qui pèlent et démangent sur le visage ou ailleurs sur le corps ;
- un doute sur l’origine des squames.
Le médecin ou le dermatologue pourra reconnaître une dermite séborrhéique, un psoriasis, un eczéma ou une mycose du cuir chevelu, et prescrire si besoin un shampoing plus concentré, une lotion antifongique ou, pour une courte durée, une lotion anti-inflammatoire. Les formes plus marquées s’observent aussi au cours de certaines maladies neurologiques, comme la maladie de Parkinson, ou d’une infection par le VIH à un stade avancé : une dermite séborrhéique très étendue ou résistante est une raison de plus d’en parler à votre médecin.
Une fois le cuir chevelu apaisé, le reste de la routine se construit à partir de la nature de la fibre, comme l’explique notre guide des soins du cheveu ; la rubrique soins traite les autres situations courantes, des pointes sèches à la chute saisonnière.
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Questions fréquentes
Les pellicules viennent-elles d’un manque d’hygiène ?
Non. Le service de santé britannique le rappelle clairement : les pellicules ne sont pas dues à une mauvaise hygiène. Elles sont liées à une levure naturellement présente sur la peau, Malassezia, et à la réaction du cuir chevelu. En revanche, des lavages très espacés laissent les squames s’accumuler, ce qui les rend plus visibles sur les épaules.
Combien de temps faut-il pour se débarrasser des pellicules ?
Comptez environ quatre semaines d’utilisation régulière d’un shampoing antipelliculaire pour juger de son effet. Les pellicules ont tendance à revenir à l’arrêt, d’où l’intérêt d’un entretien une à deux fois par semaine une fois la situation calmée. Sans amélioration après un mois, un avis médical s’impose.
Quel shampoing antipelliculaire choisir ?
Regardez l’actif plutôt que la marque : kétoconazole, sulfure de sélénium, acide salicylique, soufre ou goudron. Si un actif ne donne rien après quelques semaines, passez à un autre ou alternez-les. La pyrithione de zinc est interdite dans les cosmétiques vendus dans l’Union européenne depuis le 1er mars 2022.
Pellicules ou dermite séborrhéique : quelle différence ?
Ce sont deux degrés d’un même phénomène. Les pellicules se limitent à des squames, sans inflammation marquée. La dermite séborrhéique ajoute des rougeurs et des squames grasses, et peut toucher les sourcils, les ailes du nez, le conduit de l’oreille ou le haut du torse. Un médecin confirme le diagnostic et adapte le traitement.
Quand consulter pour des pellicules ?
Si rien ne change après un mois de shampoing antipelliculaire, si les démangeaisons sont fortes, si le cuir chevelu est rouge ou gonflé, ou si des plaques qui pèlent apparaissent sur le visage ou le corps. Un psoriasis, un eczéma ou une mycose du cuir chevelu peuvent ressembler à des pellicules et demandent un autre traitement.
Sources
- Manuel MSD, version pour professionnels de santé, « Dermite séborrhéique », 2025. lien
- American Academy of Dermatology, « How to treat dandruff ». lien
- NHS, « Dandruff ». lien
- Commission européenne, règlement (UE) 2021/1902 du 29 octobre 2021 modifiant les annexes II, III et V du règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques, 2021. lien
Miss Coiffure · Soins. Une erreur, une précision ? Écrivez à la rédaction.


